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à Mada
Le groupe ethnique Merina

Les Merina font partie des 18 ethnies officielles de Madagascar. Le royaume merina est sûrement, et de loin, le plus connu, puisque c’est le royaume qui a été le seul à réussir à unifier Madagascar.
Les Merina sont un groupe ethnique originaire de la région d'Antananarivo, la capitale de Madagascar. Ce sont les habitants de la partie nord des hauts plateaux centraux, qui ont justement portés le nom de l’"Imerina", dans l'actuelle région Analamanga et ses environs.
La langue Merina est la langue officielle de Madagascar. Leur nom peut être lié au terme "Merinany" signifiant "ceux qui sont nombreux", soulignant peut-être leur nombre considérable au sein de la population malgache.
Histoire du foko Merina
L’arrivée des vazimba au coeur de l’Imerina
L’histoire des merina commence avec celle des vazimba. L’histoire de ces derniers restant tout de même assez complexe et assez controversée, puisqu’ils sont parfois considérés comme des êtres mystiques et/ou maléfiques, alors qu’ils ne sont que de simples hommes, moins bien lotis et moins développés. Leurs petites tailles sont en effet attribuées à des origines partielles africaines, notamment bantou.
A l’origine, les premiers migrants venant principalement d’Asie, sont arrivés sur l’île vers -300 av J.C. sur la côte ouest de Madagascar. Cependant, on ne parle pas de migrations massives, mais plutôt des vagues incessantes, qui se sont étalées sur plusieurs dizaines d’années, voire plusieurs siècles. Ces premiers habitants de Madagascar se sont alors divisés en plusieurs groupes. On parle essentiellement des « Vezo » qui se sont installés sur la côte et vivaient essentiellement de la pêche, et des « Vazimba » qui nous intéressent. Ce sont ces derniers, en s’enfonçant à l’intérieur des terres et vivaient de cueillettes, de chasse, et plus tard de l’agriculture, qui ont réussi à gagner les hautes terres et qui se sont installés en premier dans l’actuel Analamanga.
L’unification des différentes tribus de l’Imerina, avant l’arrivée des Andriana, était attribuée à deux reines vazimba, Rafohy et Rangita, vers les années 1530.
L’arrivée des derniers migrants, supérieurs en nombre et en technologie
Bien plus tard, d’autres vagues de migrations se sont poursuivies, mais elles empruntaient désormais une voie directe grâce au développement des techniques de navigation. Les bateaux débarquaient directement sur la côte est de Madagascar, avant de s’enfoncer dans l’intérieur des terres. C’est la rencontre de ces derniers arrivants, parfois considérés comme les néo-vazimba, et les anciens vazimba installés dans les environs d’Antananarivo, qui va donner naissance au foko merina.
En effet, devant le nombre grandissant de la population sur les hautes terres, des structures sociales allaient se mettre en place. Les guerres entre clans n’étaient pas rares et les alliances non plus. Le Roi « Andriamanelo », supposé fils de Rafohy ou de Rangita, bien que les histoires divergent sur le sujet, deviendra alors le vrai précurseur de la création du Royaume Merina. Mieux accompagné, mieux armé et maîtrisait un peu plus l’art de la guerre, Andriamanelo, sûrement grâce à des ascendants néo-vazimba, se lança à l’unification de l’Imerina. Plus tard, son fils le Roi Ralambo épousa la fille d’un Roi d’un chef d’un clan au nord de l’actuel Imerina afin de créer l’imerina Roa toko (qu’on peut traduire par les deux piliers de l’Imerina).
Le Royaume de l’Imerina se développa assez rapidement, et plusieurs souverains y succédèrent. Ces derniers ont alterné Alasora, Ambohimanga, Ilafy ou Anatirova pour régner. Mais avec la construction du palais d’Anatirova vers les années 1800 que le pouvoir central s’y installé définitivement.

Antananarivo, le berceau du groupe ethnique Merina.
Andrianampoinimerina et l’extension du royaume
Cette phrase du Roi Andrianampoinimerina est restée célèbre dans la culture malgache : “Ny ranomasina no valam-parihiko”. La traduction littérale est “la mer est la limite de mes rizières”, une métaphore qui veut simplement dire “la mer sera la limite de mon royaume”. Il l’a annoncé après avoir conquis toute l’Imerina et les tribus avoisinantes, et après s’être projeté vers d’autres cieux. En effet, le royaume de l'Imerina, après une première unification sous Andramanelo, va être divisé aux fils du Roi Andrianjaka, à la mort de ce dernier.
Ainsi, le Roi Andrianampoinimerina s’est lancé à la conquête des autres royaumes de Madagascar. Son fils Radama I lui succéda dans cette tâche, puis la femme de ce dernier, la Reine Ranavalona I, vers 1850. C’est ainsi que le Royaume de l’Imerina est devenu le Royaume de Madagascar. Désormais, seul le souverain du royaume était en mesure de prendre les plus grandes décisions, surtout concernant les affaires étrangères.
La structure sociale des Merina
La structure sociale merina est parmi les plus rigides et sûrement la mieux préservée de tout Madagascar. Néanmoins, la situation a grandement changé depuis quelques décennies, mais certaines familles ou certaines communautés tentent encore de le préserver farouchement. Il est fady par exemple pour les merina d'épouser une personne d’un autre rang social, surtout inférieur. Toutefois, de nos jours, parler de structure sociale peut être considéré comme du racisme, même si la pratique n’est aucunement réprimandée.
Avant la colonisation, il y avait quatre subdivisions bien distincts chez les merina :
- les Andriana, ou les nobles et les membres de la famille royale
- les Hova, ou le commun des merinas, ou les roturiers, qui étaient cependant les plus riches
- les Mainty, qui sont les esclaves affranchis, généralement d’origine africaine ou des côtes, d’où l’appellation “Mainty” qui signifie “noir”
- les Andevo, ou les esclaves, aux services des Andriana ou des Hova influents.
La société Merina d’aujourd’hui
Sa situation politique et économique ne sera pas bénéfique aux merina. En effet, étant le siège du pouvoir central et le cœur de l’économie du pays, l’exode rural et provincial a toujours été présent et reste très important. A titre d’exemple, des étudiants de toute l’île viennent dans la capitale pour les études supérieures et y restent généralement, puisqu’ils auront du mal à trouver des débouchés dans leurs régions d’origine. C’est d’ailleurs la même situation pour les travailleurs non qualifiés, qui aspirent à une meilleure vie. Aujourd’hui, il est difficile d’estimer la part de la population merina dans la capitale et ses environs.
Dans les localités plus éloignées et reculées autour d’Antananarivo, la situation est un peu différente. L’identité merina est mieux préservée, ainsi que les traditions, les coutumes, voire les rang sociaux.
Mais d'un autre côté, en quête de richesse et de prospérité, les merina n'hésitent pas eux-même à s'éloigner de leur régions d'origine. Ainsi, de la même manière, le pourcentage des merina vivant dans les autres régions est assez élevé. Dans certaines régions, la situation reste même assez tendue, puisque certaines populations des différentes localités ne sont pas favorables à leurs présences. C'est ainsi qu'on parle d'une rivalité Merina / côtier assez souvent à Madagascar, et même chez les malgaches à l'étranger.
La culture merina
Traditionnellement, les Merina étaient associés à l'agriculture en terrasses, cultivant le riz, le maïs et d'autres cultures sur les hauts plateaux. Leur mode de vie était adapté aux conditions des hauteurs, caractérisées par un climat plus frais. Avec l'évolution du temps, les Merina ont été confrontés à des changements modernes, y compris l'influence croissante de la mondialisation. Cela a entraîné des ajustements dans leur mode de vie traditionnel tout en préservant leur identité culturelle.

Le Hira gasy ou Vakodrazana, faisant partie intégralement de la culture merina
Les merina ont hérité d’un style d’habillement assez simple et traditionnel : le sikina et le salaka. Le principe est simple : un bout de tissu dont deux bouts sont noués une fois enroulé autour du corps. Le salaka est réservé aux hommes, puisqu’il laisse nu tout le haut du corps, lorsque le sikina couvre un peu plus. D'antan, le tissu utilisé était le chanvre, mais les malgaches ont ensuite adopté la soie sauvage.
Plus tard, les merinas ont adopté de nouveaux été parmi les premiers à adopter le style vestimentaire européens, essentiellement les robes pour les dames et les pantalons et les chemises pour les hommes. Cependant, les merinas ont adopté un style d’habillage caractéristique qu’ils mettent par-dessus leurs habits modernes, le lamba.
Par ailleurs, les merina pratiquent également la circoncision et le famadihana. Les chants et les danses accompagnent généralement ces deux événements, rythmés par les musiciens qui jouent du kabôsy, du sodina et du valiha. Le kabary et le hira gasy sont également à l’honneur durant les festivités, et les sacrifices de zébus, les joro ne sont jamais loins. En effet, même s’il est moins important dans la capitale, cet animal reste significatif dans la culture merina.
La Religion des merinas
Les merinas, et les vazimba avant eux, sont monothéistes. Probablement grâce à des ascendances ou des influences juives, ils croient à un Dieu unique nommé initialement Zanahary. Un peu plus tard, ce dernier portait un autre nom, Andriamanitra, probablement avec l'influence de la religion chrétienne, puisque le Dieu des chrétiens porte également ce nom en malgache. En effet, depuis le XIXe siècle, les missionnaires sont présents dans l’île, tentant de convertir la population. Encore une fois, les merina de la capitale sont les premiers en contact des missionnaires, une situation qui continue jusqu’à de nos jours.
Outre Zanahary, les merina croient au caractère sacré de toute chose. Le hasina, le fady, le tody ou le sampy sont des moteurs de la vie quotidienne. Les merina vouent également un culte aux aïeux et aux ancêtres. Ces derniers ne doivent en aucun cas être manqué de respect ou offensé. Les merina consultent fréquemment les ombiasy, parfois appelé mpanandro, qui sont des guides et des gardiens de la foi. Ces derniers sont opposés aux mpamosavy ou sorciers, qui sont habiles dans la manipulation des sikidy et des talismans nuisibles. On les consulte avant chaque enterrement, avant chaque nouvelle construction ou nouveau projet, ou avant n'importe quel évènement important de leur vie.







