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Le groupe ethnique Vezo

allée des baobabs

Morondava, considéré comme le cœur des territoires des Vezo

Les "Vezo" ne font pas partie des groupes ethniques officiels de Madagascar, et on ne peut pas vraiment l'expliquer. Peut-être que les vezo se sont tellement éparpillés sur les côtes malgaches, qu'il est devenu assez difficile de leur définir une vraie délimitation géographique qui ne s'empiète pas avec celles des autres ethnies, notamment les sakalava

Les Vezo sont les nomades de la mer à Madagascar. Avec les vazimba, ils ont été les premiers à peupler Madagascar. Les Vezo sont étroitement liés à la mer et ont développé une culture unique en relation avec l'océan. Actuellement, les Vezo résident principalement dans les régions côtières du sud-ouest de Madagascar, notamment autour de la ville de Morondava, sur plus de 300 km de côte. Cependant, étant des nomades, certains vezo se sont également installés ailleurs, même sur la côte sud-est de Madagascar, toujours à la poursuite des poissons. 

L’origine des premiers habitants de Madagascar

Les premiers malgaches sont arrivés sur l’île dans les environs des -300 av J.C., quand des peuples nomades d’origine austronésienne ont été les premiers à débarquer sur les côtes Ouest de Madagascar. Cependant, on ne parle pas de migrations massives, mais plutôt des vagues incessantes, qui se sont étalées sur plusieurs dizaines d’années, voire plusieurs siècles. Mais même si les études (fouilles archéologiques, études à travers des contes et histoires…) attestent l’origine austronésienne de ces nomades, il a aussi été prouvé que ces derniers effectuaient plusieurs escales sur les côtes asiatiques et africaines, emmenant avec eux principalement des esclaves d’autres origines, et probablement d’autres hommes non soumis ayant conclu avec eux des accords pour faire partie du voyage. Ce qui peut expliquer que certains contes et dans l’imagerie populaire, certains Vazimba sont de petite taille et pas très sociables, à l’image de certaines anciennes tribus africaines.

D’un autre côté, durant cette période, les vagues, les familles et les individus arrivés sur la côte Ouest de Madagascar, n’avaient pas les mêmes idées, les mêmes comportements, les mêmes habitudes de vie, voire les mêmes goûts pour l’aventure. Si bien que deux groupes se sont formés. Les premiers, les « Vezo » se sont installés sur la côte et vivaient essentiellement de la pêche, tandis que les seconds, les « Vazimba » se sont enfoncés à l’intérieur des terres et vivaient de cueillettes, de chasse, et plus tard de l’agriculture. Les spécialistes linguistiques ont fait le rapprochement de ces appellations avec les langues anciennes austronésiennes  et ont trouvé la définition des deux noms. Ainsi, le mot « Vazimba » signifie « ceux de la forêt » et « Vezo » signifie « ceux de la côte ». C'est pourquoi ces deux peuples sont parfois liés dans certains documents historiques. 

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Mais pendant plusieurs siècles après leur arrivée, et étant installés sur les côtes, les Vezo étaient les premiers à subir en quelque sorte le brassage avec les étrangers. Les austronésiens qui ont continué leurs vagues de migrations, les africains, les arabes ou les européens ont changé et ont finalement été en relation avec les vezo. C'est ainsi que ce peuple ne partage plus vraiment les mêmes traits physionomiques avec les vazimba, qui étaient au départ leurs proches cousins. Si les Vazimba semblent avoir totalement disparu, plusieurs habitants des côtes de Madagascar se disent encore Vezo. 

Mode de vie des Vezo, basée sur la pêche

Leur mode de vie est profondément ancré sur la pêche. Ce sont d'excellents navigateurs. Les pêcheurs partent en pirogue à balancier, et passent parfois plus d'une semaine en mer. Ils utilisent des techniques de pêche spécifiques transmises de génération en génération, comme la pêche au filet, le hameçonnage ou la pêche en apnée.

Les femmes, en revanche, font de la collecte de crustacés, d'oursins, d'holothuries ou autres poulpes et coquillages sur la plage ou entre les récifs. Les poissons seront ensuite vendus en l'état ou séchés. Certaines femmes vezo confectionnent également des bijoux, des petits objets ou d'autres babioles afin d'honorer la mer ou de les vendre aux touristes. 

Une petite partie sera toutefois gardée pour les besoins de la famille. Les enfants, quant à eux, apprennent à pêcher dès l'âge de 5 ans et accompagnent généralement leurs pères. Ils peuvent très tôt avoir la lourde tâche de partir en reconnaissance pour repérer les bancs de poissons, avant que les grands ne se mettent au travail. 

bateau de pêche

Bateau de pêche Vezo.

La pirogue à balancier Vezo est simplement équipée d'une voile carrée tendue entre deux mâts. La coque est creusée dans du bois léger, habituellement du farafatse (Givotia Madagascariensis).

Rites et Croyances

Les Vezo pratiquent une forme de religion traditionnelle malgache, avec des croyances liées à la mer et aux esprits ancestraux. Les rituels avant la pêche sont courants, témoignant de leur connexion spirituelle avec l'océan. Les vezo croient également aux esprits des noyés, qu'il vénérèrent, qui ils offrent souvent du toaka gasy, avant chaque sortie en mer. Les chants sacrés et les danses traditionnelles, sont eux aussi, adressés à la mer. 

Les vezo font partie des rares tribus malgaches à ne pas pratiquer la circoncision. Cependant, ceci ne concerne pas toute la communauté vezo, mais seulement une partie. 

Les vezo, face aux changements

Les changements climatiques, la modernité, la rareté des poissons, l'arrivée des nouveaux acteurs mieux équipés dans le domaine de la pêche... incitent les vezo à changer de mode de vie. Plusieurs d'entre eux ont déjà choisi de laisser derrière eux les traditions de leurs ancêtres et se soit tournés vers d'autres métiers et d'autres modes de vie. Malheureusement, le processus semble aujourd'hui irréversible. On ne compte plus que quelques 60 000 vezo. 

 

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