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à Mada
Le groupe ethnique Antandroy

Les Antandroy font partie des 18 ethnies officielles de Madagascar. Le mot Antandroy signifie littéralement “le peuple du pays des épines”. En effet, ils sont originaires du sud et du sud-ouest de Madagascar, une région particulièrement réputée pour son climat aride et sa végétation typique, où règnent les plantes succulentes et épineuses. Cette communauté est l’une des ethnies les plus emblématiques de l'île, tant par son histoire que par son mode de vie adapté à un environnement difficile.
Les caractéristiques de la tribu des Antandroy sont assez proches de celles des Mahafaly. On retrouve cette correspondance dans les rites funéraires et dans la foi. Outre les origines des deux tribus, elle peut être expliquée par la proximité géographique entre eux.
Localisation géographique
Le peuple Antandroy est originaire de l’extrême sud et du sud-ouest de Madagascar, connue pour ses paysages dominés par des forêts denses d’euphorbes et d’arbres à épines. Il a donné son nom à la région d’Androy (le pays des ronces) dont le chef-lieu est Ambovombe. Cependant, la zone de répartition des Antandroy s’étend également vers la région Atsimo-andrefana, mais aussi jusqu’à Ihosy vers le nord.
Origine des Antandroy
Le peuple Antandroy partage des origines austronésiennes avec la plupart des autres ethnies officielles malgaches. Certaines histoires évoquent même une proximité conséquente avec les merinas. Cependant, on y retrouve également en forte domination l’influence du peuple vezo, qui rappelons-le, n’est pas considérée comme un groupe ethnique.
Lorsqu’on retrace l’histoire des Antandroy, on retrouve le nom de deux tribus : les karimbola et les mahandrovato. Ces derniers ont, paraît-il, été unifiés par des seigneurs venant de Fort-dauphin. Notons que vers le XVIe siècle, Fort-dauphin était l’une des villes les plus grandes et développées de Madagascar, grâce à la bonne entente des habitants avec les étrangers venus des mers. Notons également que les Antandroy ont subi de multiples invasions de la part des tribus venant de l’ouest et du nord, comme les Sakalava ou les Bara.
La foi des Antandroy
La foi Antandroy a été fortement influencé par les religions modernes, telles que le christianisme et l’islam. Cependant, une partie importante de la population pratique encore à la religion traditionnelle malgache, et donne beaucoup de valeurs à la divination des dieux et des aïeux, et aux sortilèges. C’est ainsi que les Antandroy consultent souvent les “Ombiasy”, qu’on peut considérer comme des devins, des sorciers ou des gardiens de la foi.
Les Antandroy pratiquent également le culte de la mort. C’est pourquoi ces tombeaux de la région de l’Androy sont très colorés et très décorés. Dans certains clans, l’ensemble du cheptel est tué après le décès de son propriétaire.
Les tombeaux et les aloalos
Étant un signe palpable de richesse, les zébus ornent également les tombeaux Antandroy. Le tribu est d’ailleurs réputé pour ces tombeaux, perçus comme de véritables œuvres d’art. Certains peuvent mesurer jusqu’à 50m de côté. Les tombeaux Antandroy sont alors considérés comme des des lieux sacrés. Celles-ci sont également ornés d’aloalo, une sorte de sculpture en bois en étage, caractéristique du parcours du défunt lors de son vivant. Ces derniers reflètent non seulement le respect des morts mais aussi le statut social du défunt.
La langue Antandroy
La langue antandroy est une variante/dialecte de la langue des hauts plateaux, devenue langue officielle des malgaches. Les deux langues partagent plusieurs mots, même si on remarque une certaine tendance à l’utilisation du “é” pour finir les mots chez les Antandroy, lorsque la langue officielle les finit par “a”, sans altérer le sens du mot. Néanmoins, certains mots diffèrent complètement, comme “ianao” et “rehe” pour dire “tu”, ou “ihany” et “avao” pour dire “encore”.

Les Aloalos, intimement liés au culte des morts
La culture des Antandroy
Les Vezo “Antandroy” sont des pêcheurs, tandis que les Antandroy de l’intérieur des terres sont des éleveurs de zébus. Cependant, depuis la période faste des dahalo et des exportations illégales des zébus, les Antandroy éleveurs connaissent des difficultés de subsistance. Ce peuple est aussi l’une des principales victimes du kere, ou de la sécheresse du sud de Madagascar. Malgré cette contrainte, les Antandroy ont développé un savoir-faire unique leur permettant de survivre et de prospérer. Actuellement, une difficile transition vers une mode de vie d’agriculteur de riz et maïs s’opère, même si les résultats ne sont toujours pas palpables.
Les rites et les traditions des Antandroy
Peuple d’une forte identité et d’une forte culture, les Antandroy se distinguent par différents rites et traditions. Le style de musique Antandroy est par exemple assez différent de celui du reste des habitants de l’île, un style acapella, accompagné d’une danse propre à la tribu. Le Beko fait partie de ces danses traditionnelles Antandroy, un style de musique fait pour accompagner l’esprit du défunt lors des rites funéraires.
Le style vestimentaire des Antandroy est également caractéristique de la région. La coiffure est facilement reconnaissable, en général avec des petites bouclettes de tresses associées à un chapeau tressé dépourvu de bord. La culture Antandroy est également associée aux bijoux en argent, qu’hommes et femmes adorent exhiber.
Le vol des zébus fait également partie des rituels Antandroy. Il est synonyme de forces et de puissances, et réservé aux plus grands guerriers. Par exemple, certaines demandes en mariage ne pouvaient être acceptées dans certains clans que si le prétendant pouvait se vanter d’avoir volé quelques zébus, parfois même à la famille de la promise.
Le « savika », une forme de lutte avec les zébus, est un événement culturel majeur chez les Antandroy. Ce spectacle reflète le courage et l’adresse des participants, et il est souvent organisé lors des cérémonies importantes.







