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Mandena, une forêt littorale remarquable près de Tolagnaro

Phelsuma lineata

Phelsuma lineata, qui a trouvé refuge au sein de Mandena

À quelques kilomètres au nord de Tolagnaro (Fort-Dauphin), dans la région Anosy, se trouve l'aire protégée de Mandena. Elle s'étend sur environ 430 hectares, entre le littoral et les premières zones forestières de l'arrière-pays. Située à seulement une dizaine de kilomètres de Tolagnaro, elle constitue l'un des derniers fragments de forêt naturelle conservés dans cette partie du sud-est de Madagascar.

Une petite forêt dans une région de transition

Mandena occupe une position géographique intéressante, dans une région où se rencontrent les influences du climat humide de l'est et celles, plus sèches, du sud-ouest de Madagascar. Malgré cette situation de transition, le climat local reste suffisamment chaud et humide pour permettre le développement d'une forêt sempervirente.

La forêt pousse sur des sables littoraux, un substrat qui donne à cet écosystème des caractéristiques particulières. La végétation de Mandena a d'ailleurs fait l'objet de nombreuses études botaniques et écologiques, notamment parce que les terrains environnants sont riches en minerais et ont été concernés par des activités d'exploitation.

L'aire protégée actuelle provient en partie de l'ancienne Réserve forestière de Mandena, créée dès 1943 sur une superficie beaucoup plus importante. En 2015, une partie de cette réserve a obtenu le statut de Paysage Harmonieux Protégé, sous la catégorie V de l'UICN. La gestion est aujourd'hui assurée par QIT Madagascar Minerals (QMM).

Une biodiversité concentrée sur un petit territoire

Malgré sa superficie relativement réduite, Mandena abrite une faune représentative des forêts du sud-est malgache. Les inventaires disponibles recensent notamment plusieurs mammifères endémiques de Madagascar, ainsi que de nombreux reptiles et amphibiens.

Parmi les mammifères figure la mangouste à queue annelée (Galidia elegans), petit carnivore forestier endémique de Madagascar. Le site abrite également plusieurs espèces de reptiles remarquables, notamment Furcifer verrucosus, le caméléon verruqueux, ainsi que les geckos diurnes Phelsuma lineata et Phelsuma quadriocellata.

Les amphibiens ne sont pas en reste avec notamment Guibemantis tornieri, une grenouille endémique de Madagascar. Ces espèces témoignent de l'intérêt écologique que peuvent conserver des fragments forestiers relativement petits lorsqu'ils sont protégés et suivis dans le temps.

Une flore adaptée aux sables côtiers

La flore constitue également un élément majeur de l'intérêt de Mandena. Les différents inventaires réalisés dans le cadre des études environnementales ont montré une diversité importante malgré l'étroitesse du massif forestier. Les données disponibles font état de plusieurs centaines d'espèces végétales selon les périmètres et méthodes d'inventaire considérés, dont un grand nombre d'espèces endémiques.

Cette végétation littorale est particulièrement intéressante parce qu'elle représente un habitat aujourd'hui fortement fragmenté dans le sud-est de Madagascar. La conservation de ces fragments permet donc de maintenir des populations végétales qui ont perdu une grande partie de leur habitat naturel.

Une forêt au cœur d'un enjeu complexe

Mandena est aussi un exemple assez particulier des difficultés auxquelles peut être confrontée la conservation à Madagascar. La région possède d'importantes ressources minières et l'exploitation des sables minéralisés a profondément marqué le paysage autour de Tolagnaro.

La création et la gestion de l'aire protégée s'inscrivent donc dans un contexte où conservation de la biodiversité, restauration des milieux et activités économiques doivent être conciliées. Des programmes de restauration et de compensation écologique ont notamment été associés aux activités minières de QMM dans la région.

Pour Mandena, l'enjeu n'est donc pas uniquement de protéger une forêt existante. Il consiste également à maintenir sa biodiversité dans un paysage fortement transformé et à préserver les continuités écologiques avec les autres fragments forestiers du sud-est.

Un petit territoire, mais un patrimoine important

Avec ses quelque 430 hectares, Mandena peut sembler modeste lorsqu'on la compare aux grandes aires protégées de Madagascar. Pourtant, sa proximité avec Tolagnaro, son caractère de forêt littorale, sa richesse en espèces endémiques et son histoire particulière en font un site intéressant du patrimoine naturel malgache.

Mandena rappelle surtout que la conservation ne dépend pas uniquement de la superficie d'une aire protégée : dans un paysage où les forêts naturelles deviennent de plus en plus fragmentées, chaque îlot forestier peut jouer un rôle important pour maintenir la biodiversité.

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