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Le genre Hypparhenia

Hyparrhenia hirta

Hyparrhenia hirta

Le monde des graminées est vaste et souvent sous-estimé, mais certaines espèces jouent un rôle majeur dans les écosystèmes et pour les activités humaines. Le genre Hyparrhenia est particulièrement connu en Afrique et dans les régions tropicales pour ses "herbes à chaume" ou "thatching grass". Parmi elles, Hyparrhenia hirta, souvent appelée Brousse d'Andropogon ou Herbe à Chaume Commune, se distingue par sa grande adaptabilité et, dans certaines régions, par son caractère envahissant.

Une Origine Africaine et Méditerranéenne, Présente à Madagascar

Hyparrhenia hirta est une herbe vivace en touffe, originaire de vastes régions d'Afrique, du sud de l'Europe et du sud-ouest de l'Asie, s'étendant de la France au Pakistan. Elle est particulièrement répandue en Afrique australe et méditerranéenne.

À Madagascar, Hyparrhenia hirta est présente, mais elle n'est pas endémique de l'île. Elle fait partie des espèces de graminées qui peuvent se trouver dans diverses savanes, prairies ouvertes et zones perturbées. Son succès dans l'établissement de nouvelles populations, même à partir d'une seule plante autofertile, et sa capacité à germer dans diverses conditions (lumière, température, pH, stress hydrique) expliquent sa large répartition.

Caractéristiques et Écologie

Hyparrhenia hirta est reconnaissable à :

  • Sa touffe basale dure et ses tiges minces, pouvant atteindre 30 à 80 cm de hauteur, voire plus (jusqu'à 1,5 m dans certaines régions).
  • Ses feuilles étroites et rugueuses, souvent de couleur bleu-vert, avec un aspect cireux.
  • Ses inflorescences ramifiées en panicule, composées de paires de racèmes (épis) blancs et velus qui ne retombent pas.
  • La présence de longues arêtes (barbes) sur les épillets (petites fleurs).
  • Son nom, "hirta", qui vient du latin et signifie "velu", faisant probablement référence à ses épillets poilus.

Écologiquement, Hyparrhenia hirta est une herbe très résistante et compétitive, notamment dans les zones à faible fertilité. Elle prospère dans les prairies ouvertes, sur les pentes rocheuses, le long des rivières et sur la plupart des types de sols, avec une préférence pour les sols bien drainés et légers. Elle est également très douée pour coloniser les zones perturbées, comme les bords de routes et les terrains non cultivés, où elle peut former des peuplements denses et empêcher l'établissement d'autres graminées pendant des années. Elle est une plante pionnière et une espèce résistante à la sécheresse.

Usages et Menaces Potentielles

Dans ses régions d'origine, Hyparrhenia hirta est valorisée pour plusieurs usages :

  • Chaume : C'est l'une des graminées les plus populaires pour la confection de toits de chaume grâce à sa durabilité.
  • Pâturage : Elle est pâturée par le bétail en début de saison de croissance et après les incendies, mais devient moins appétente par la suite.
  • Contrôle de l'érosion : Grâce à son système racinaire robuste, elle est utilisée pour protéger les sols érodés et stabiliser les sols durs et graveleux.
  • Vannerie : Ses tiges peuvent être utilisées pour tisser des nattes et des paniers.

Cependant, malgré ses usages bénéfiques, Hyparrhenia hirta est considérée comme une espèce envahissante et une mauvaise herbe tenace dans d'autres parties du monde où elle a été introduite, notamment en Australie et dans certaines régions d'Amérique du Nord et du Sud. Dans ces écosystèmes, elle peut :

  • Concurrencer les plantes indigènes et réduire la biodiversité, surtout dans les prairies et le sous-bois des forêts.
  • Modifier les régimes de feu, augmentant la fréquence et l'intensité des incendies.
  • Réduire la productivité des pâturages en raison de sa faible valeur nutritionnelle en dehors du début de saison.

À Madagascar, son statut d'espèce indigène ou introduite dans certaines zones est important pour évaluer son impact. Bien qu'elle soit répandue et considérée globalement comme de "Préoccupation mineure" par l'UICN, sa capacité à former des peuplements denses dans les zones perturbées signifie qu'elle pourrait avoir un impact local sur la compétition avec la flore indigène, en particulier si les habitats naturels sont déjà fragmentés et dégradés.

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