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La culture de la cannelle à Madagascar

cannelle

Le cannelle de Madagascar.

La cannelle fait partie des cultures agricoles caractéristiques de la côte Est de Madagascar. Moins connue à l'étranger que la vanille ou le girofle, elle représente pourtant une activité importante pour de nombreux producteurs ruraux. La région d'Atsinanana, et notamment le district de Vatomandry, est aujourd'hui l'un des principaux territoires associés à cette culture.

La cannelle est produite à partir de l'écorce de certains arbres du genre Cinnamomum. À Madagascar, sa culture s'intègre souvent dans des systèmes agroforestiers où les arbres à cannelle côtoient d'autres cultures et espèces végétales. Cette particularité donne à la filière un intérêt qui dépasse la simple production d'une épice destinée à l'exportation.

L'histoire de la cannelle à Madagascar

La cannelle n'est pas originaire de Madagascar. Les différentes espèces de cannelle utilisées dans le monde proviennent principalement d'Asie du Sud et du Sud-Est. Sa culture s'est néanmoins progressivement implantée dans les régions tropicales de Madagascar, où certaines espèces se sont bien adaptées au climat de la côte Est.

La culture de la cannelle fait aujourd'hui partie des activités agricoles anciennes de cette région. Elle s'est développée parallèlement à d'autres cultures commerciales telles que le café, le girofle et la vanille.

Contrairement à certaines grandes cultures d'exportation introduites dans de vastes plantations, la cannelle malgache est surtout associée aux exploitations familiales. Les producteurs l'intègrent à des systèmes agricoles diversifiés plutôt que de lui consacrer systématiquement l'ensemble de leurs terres.

Cette histoire explique en partie le caractère relativement discret de la filière : la cannelle est bien présente dans l'agriculture malgache sans avoir acquis la même visibilité internationale que la vanille.

Où cultive-t-on la cannelle à Madagascar ?

La principale zone de production se trouve sur la côte Est de Madagascar. Le district de Vatomandry, dans la région Atsinanana, est particulièrement réputé pour sa production de cannelle. La FAO indique d'ailleurs que la cannelle produite dans cette partie de Madagascar compte parmi les productions reconnues pour leur qualité.

Le climat de la côte Est convient particulièrement bien au cannellier. Les températures élevées, l'humidité importante et les précipitations abondantes favorisent la croissance des arbres.

La culture peut également être rencontrée dans d'autres zones de la côte orientale. Elle reste cependant particulièrement liée aux paysages ruraux de l'Est, où les producteurs disposent de conditions naturelles favorables à la croissance des arbres.

Comment cultive-t-on la cannelle ?

Le cannellier est un arbre tropical qui peut être cultivé pendant plusieurs années. La production demande donc une vision à long terme : contrairement à une culture annuelle, l'agriculteur plante un arbre dont la production s'inscrit dans la durée.

Les arbres peuvent être intégrés à des systèmes agroforestiers associant différentes espèces. À Madagascar, la cannelle peut ainsi côtoyer des arbres fruitiers, des cultures vivrières ou d'autres plantes commerciales.

Cette organisation présente un avantage important pour les petits producteurs : la parcelle peut fournir plusieurs productions et ne dépend pas entièrement du cours d'un seul produit.

La cannelle présente également une caractéristique intéressante sur le plan environnemental. Selon la FAO, le cannellier s'adapte relativement bien aux sols dégradés, résiste aux incendies et à certaines maladies, ce qui en fait une culture intéressante pour la restauration des terres et le développement de systèmes agricoles plus résilients.

Comment récolte-t-on la cannelle ?

La partie recherchée du cannellier est principalement son écorce. La récolte nécessite donc un travail différent de celui du café, de la vanille ou du girofle.

Selon les méthodes utilisées, les producteurs prélèvent l'écorce sur les branches ou les tiges adaptées à la récolte. Celle-ci est ensuite séparée, nettoyée et séchée.

Au cours du séchage, l'écorce s'enroule naturellement sur elle-même pour former les bâtons de cannelle caractéristiques du commerce. Elle peut également être réduite en morceaux ou transformée en poudre.

La qualité finale dépend notamment de l'espèce utilisée, de l'âge et de la partie de l'arbre récoltée ainsi que des conditions de préparation et de séchage.

De l'écorce au produit commercialisé

Une fois récoltée, la cannelle doit être correctement séchée et triée avant sa commercialisation. Elle peut être vendue sous différentes formes : écorces entières, morceaux, poudre ou produits destinés à la transformation.

Cette transformation reste relativement simple comparée à celle de la vanille. Elle n'exige notamment pas plusieurs mois de préparation comme les gousses de vanille.

Une partie de la valeur ajoutée dépend néanmoins de la qualité du tri, du séchage et du conditionnement. L'amélioration de ces étapes constitue donc un moyen pour les producteurs de mieux valoriser leur récolte.

Dans la région de Vatomandry, des organisations de producteurs ont notamment travaillé à améliorer la chaîne de valeur de la cannelle et les pratiques agricoles afin d'augmenter les revenus tirés de cette culture.

La cannelle malgache sur le marché international

Madagascar n'est pas le premier producteur mondial de cannelle. Le marché international est dominé par de grands producteurs asiatiques, notamment la Chine, l'Indonésie et le Sri Lanka.

La production malgache reste cependant suffisamment importante pour apparaître parmi les principaux exportateurs mondiaux. En 2024, Madagascar a exporté environ 2 080 tonnes de cannelle non broyée, pour une valeur de 5,12 millions de dollars. Il figurait ainsi parmi les cinq premiers exportateurs mondiaux de cette catégorie, derrière le Sri Lanka, la Chine, l'Indonésie et l'Inde.

Madagascar exporte également de la cannelle sous forme broyée. En 2024, les exportations correspondantes ont représenté environ 1 075 tonnes pour 1,73 million de dollars.

Ces chiffres montrent une différence importante avec la vanille ou le girofle : la cannelle constitue une véritable culture d'exportation malgache, mais Madagascar reste un acteur secondaire du marché mondial.

Quel est le prix de la cannelle ?

Le prix de la cannelle dépend fortement de sa qualité, de sa forme, de son origine et du marché auquel elle est destinée. Il est donc difficile de parler d'un prix unique pour la production malgache.

Les données commerciales de 2024 permettent néanmoins d'obtenir un ordre de grandeur. Pour la cannelle non broyée, les exportations malgaches représentaient environ 5,12 millions de dollars pour 2 080 tonnes, soit une valeur moyenne proche de 2,46 dollars par kilogramme à l'exportation.

Cette moyenne ne correspond pas au prix payé directement au producteur. Elle inclut la valeur du produit au stade de l'exportation et peut regrouper des qualités différentes.

La cannelle transformée ou broyée possède également une valeur commerciale différente. En 2024, les exportations malgaches de cannelle broyée représentaient en moyenne environ 1,61 dollar par kilogramme selon les données douanières.

Ces chiffres doivent donc surtout être considérés comme des indicateurs du commerce extérieur et non comme un tarif agricole.

Une culture intéressante pour les petits producteurs

La cannelle présente un intérêt particulier pour les exploitations familiales de la côte Est parce qu'elle peut être intégrée à des systèmes agricoles diversifiés.

Un producteur peut ainsi associer plusieurs arbres et cultures sur une même exploitation et répartir ses revenus entre différentes récoltes. Cette diversification réduit la dépendance à un seul produit et permet de mieux utiliser les terres disponibles.

À Vatomandry, des initiatives récentes ont cherché à améliorer les techniques de production et la commercialisation de la cannelle. La FAO rapporte notamment le cas de coopératives de producteurs qui ont travaillé à renforcer cette filière et à améliorer les revenus agricoles.

La cannelle présente également un intérêt particulier pour la restauration des terres dégradées. Sa résistance et sa capacité à se développer dans des sols appauvris en font une espèce intéressante dans certaines stratégies d'agroforesterie.

La cannelle dans les paysages de la côte Est

La culture de la cannelle participe au paysage agricole de l'Est de Madagascar, aux côtés du girofle, du café, de la vanille et des nombreuses cultures vivrières de la région.

À Vatomandry, elle constitue notamment une composante de l'agriculture locale. Pour le voyageur, elle permet de découvrir une autre facette de l'économie rurale malgache, moins connue que les grandes filières d'exportation du nord-est de l'île.

La cannelle illustre surtout une caractéristique essentielle de l'agriculture de la côte Est : la coexistence de nombreuses cultures au sein d'exploitations familiales et de systèmes agroforestiers.

Une culture discrète mais prometteuse

La cannelle malgache ne possède pas la puissance commerciale de la vanille ni le poids international du girofle. Elle n'en reste pas moins une culture intéressante pour les régions de la côte Est.

Sa capacité à s'intégrer dans les exploitations familiales, sa résistance aux conditions difficiles et son potentiel pour la restauration des sols lui donnent un intérêt qui dépasse la seule valeur de l'épice.

Autour de Vatomandry et dans d'autres zones de la côte Est, la cannelle représente ainsi une ressource agricole encore relativement discrète, mais qui peut contribuer à diversifier les revenus des producteurs et à renforcer la résilience des paysages ruraux malgaches.

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