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à Mada
La culture du café à Madagascar

Le café de Madagascar.
Le café fait partie des cultures agricoles implantées depuis longtemps à Madagascar. Si le pays est aujourd'hui beaucoup moins connu pour son café que pour sa vanille ou son girofle, cette culture reste présente dans plusieurs régions de l'île. Madagascar produit principalement du robusta dans les régions chaudes et humides de l'Est, tandis que l'arabica est cultivé à plus haute altitude, notamment sur les Hautes Terres. La caféiculture malgache repose encore largement sur de petites exploitations familiales et présente des caractéristiques très différentes selon les régions.
L'histoire du café à Madagascar
Le caféier est arrivé à Madagascar plusieurs siècles avant l'époque coloniale, probablement depuis l'île Bourbon, aujourd'hui La Réunion, où sa culture s'était développée au XVIIIe siècle. Les premières introductions de l'arabica à Madagascar sont généralement situées entre 1720 et 1750. La plante est d'abord cultivée dans les régions côtières et les îles, avant de gagner progressivement les Hautes Terres.
Au XIXe siècle, la culture du café prend progressivement de l'importance. Des plantations apparaissent notamment sur la côte orientale, tandis que l'arabica est également cultivé dans les régions d'altitude. Mais la culture rencontre rapidement des difficultés, notamment les maladies du caféier et les conditions parfois peu favorables à l'arabica.
À partir du début du XXe siècle, de nouvelles espèces africaines, notamment le robusta et le kouilou, sont introduites à Madagascar. Elles s'adaptent mieux aux conditions chaudes et humides de la côte Est et prennent progressivement une place prépondérante dans la production.
La filière connaît ensuite une forte expansion. Dans les années 1930, Madagascar devient même l'un des principaux exportateurs africains de café. Les exportations atteignent un niveau particulièrement important à la fin des années 1930, avant de subir les conséquences de la Seconde Guerre mondiale.
Après son apogée, la caféiculture malgache connaît cependant un long recul. La production industrielle diminue et la filière devient progressivement dominée par les petits producteurs. Cette évolution explique en partie pourquoi le café, autrefois une culture d'exportation majeure, occupe aujourd'hui une place beaucoup plus modeste dans le commerce extérieur malgache.
Où cultive-t-on le café à Madagascar ?
Le café est principalement cultivé dans deux grands types de milieux.
- Le robusta domine largement dans les régions de basse altitude, particulièrement sur la côte Est. Les régions Atsinanana et Vatovavy-Fitovinany figurent parmi les principales zones historiques de production. Le climat chaud, humide et relativement régulier de cette partie de Madagascar convient bien au caféier robusta.
- L'arabica, lui, préfère des conditions plus fraîches et les zones d'altitude. On le retrouve notamment dans certaines régions des Hautes Terres, comme l'Itasy, le Vakinankaratra et le pays autour de Fianarantsoa et Ambositra. Certaines plantations se situent à plusieurs centaines, voire plus d'un millier de mètres d'altitude.
Cette différence entre les deux espèces permet de comprendre pourquoi le café malgache n'est pas un produit uniforme : les conditions naturelles, les variétés et les méthodes de culture changent fortement d'une région à l'autre.
Comment le café est-il cultivé ?
Le caféier est un arbuste qui peut produire pendant plusieurs années. Il apprécie généralement les sols fertiles, une humidité suffisante et une protection contre les conditions climatiques trop extrêmes. Dans les régions tropicales de l'Est, il est souvent cultivé dans des systèmes associant plusieurs espèces végétales, plutôt que dans de grandes plantations entièrement consacrées au café.
La culture commence par la plantation des jeunes caféiers. Ceux-ci doivent être entretenus pendant plusieurs années avant d'atteindre une production significative. Le producteur doit notamment contrôler la végétation autour des plants, entretenir les arbres et surveiller les maladies et les parasites.
Les fleurs donnent ensuite naissance aux cerises de café, qui passent progressivement du vert au rouge ou au jaune selon la variété. La récolte se fait lorsque les fruits arrivent à maturité. Dans les petites exploitations, elle est généralement effectuée manuellement, ce qui permet de sélectionner les fruits mûrs mais demande beaucoup de travail.
Après la récolte vient une étape essentielle : les fruits doivent être transformés afin de séparer le grain de la pulpe et de préparer le café vert. Selon les méthodes utilisées, le traitement peut être réalisé par voie sèche ou humide. Les grains sont ensuite séchés, triés et stockés avant leur commercialisation.
Du caféier au café destiné à l'exportation
Une partie importante du travail intervient donc après la récolte. La qualité finale dépend non seulement de la variété et du terroir, mais aussi de la manière dont les cerises sont récoltées, triées, séchées et conservées.
Le café destiné au commerce international est généralement exporté sous forme de café vert, c'est-à-dire avant torréfaction. Les données commerciales disponibles montrent d'ailleurs une très grande différence entre les exportations de café vert et celles de café torréfié : en 2024, Madagascar a exporté environ 8 558 tonnes de café vert pour une valeur proche de 29,9 millions de dollars, tandis que les exportations de café torréfié représentaient seulement environ 1,6 tonne.
Cette situation montre que Madagascar intervient encore principalement en amont de la chaîne internationale du café, plutôt que dans la transformation et la commercialisation du produit fini.
Le café malgache sur le marché international
La place actuelle de Madagascar dans le marché mondial du café est assez éloignée de celle qu'il occupait au XXe siècle. Le pays reste un producteur important à l'échelle nationale, mais il représente une part très réduite du commerce mondial du café.
En 2024, les exportations malgaches de café vert ont principalement été destinées à l'Égypte, au Maroc, à la Belgique, à l'Algérie et à la France. L'Égypte et le Maroc représentaient à eux seuls une part importante des volumes exportés cette année-là.
Le café malgache reste toutefois intéressant par la diversité de ses terroirs et par l'existence d'une production d'arabica à petite échelle sur les Hautes Terres. À côté du volume important de robusta, certaines productions plus confidentielles cherchent ainsi à se positionner sur des marchés de qualité et de spécialité.
Quel est le prix du café à Madagascar ?
Le prix du café varie fortement selon l'espèce, la qualité, le niveau de transformation et surtout les conditions du marché international. Il est donc difficile de donner un prix unique représentant l'ensemble de la production malgache.
À titre indicatif, les données commerciales internationales donnent pour 2024 une valeur moyenne d'environ 3,50 dollars par kilogramme pour le café exporté par Madagascar. Il s'agit d'une valeur moyenne calculée à partir de la valeur et du volume des exportations : elle ne correspond donc pas directement au prix payé au producteur.
Le prix réellement obtenu par un cultivateur dépend notamment de la qualité des grains, de la récolte, du traitement après récolte, du circuit de commercialisation et de la demande au moment de la vente. Les écarts peuvent donc être importants entre le prix payé au producteur et la valeur du café lorsqu'il atteint les marchés internationaux.
Une culture encore largement familiale
La caféiculture malgache reste fortement liée aux petites exploitations. Historiquement, les petits producteurs ont toujours occupé une place importante dans la filière, et cette caractéristique s'est renforcée après le recul des grandes plantations. Des centaines de milliers de producteurs et de ménages ont été associés à la culture du café au cours des périodes de plus forte production.
Dans plusieurs régions rurales, le café constitue ainsi une culture complémentaire à d'autres productions agricoles. Cette association de cultures permet aux familles de diversifier leurs revenus et correspond également aux systèmes agricoles traditionnels de nombreuses régions de Madagascar.
Aujourd'hui, l'un des principaux enjeux de la filière est donc moins de développer de grandes plantations que d'améliorer la productivité, la qualité et la valorisation du café produit par les petits cultivateurs.
Le café, une culture discrète mais ancienne de Madagascar
Moins médiatisé que la vanille, le cacao ou le girofle, le café possède pourtant une histoire particulièrement intéressante à Madagascar. Introduit il y a plusieurs siècles, il a connu une période de grande expansion avant de perdre progressivement son importance sur les marchés internationaux.
La culture reste néanmoins bien présente, notamment dans les régions chaudes et humides de l'Est et dans certaines zones d'altitude des Hautes Terres. Entre robusta de la côte et arabica des régions montagneuses, le café malgache témoigne ainsi de la diversité des conditions agricoles de l'île et du savoir-faire de ses producteurs.




