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Il est
à Mada
Le Kabary
Le Kabary est une forme d'art oratoire traditionnel malgache qui occupe une place centrale dans la culture, en particulier dans les Hautes Terres centrales, chez les Merina. D’un point de vue minimaliste, le kabary n’est autre qu’un discours. Lorsqu’une personne est désignée pour faire le discours lors d’une inauguration, lors d’un événement culturel ou familial, il doit faire appel à ses talents de mpikabary (la personne désignée pour). Cependant, si nous creusons un peu, nous allons dire que la prise de parole est sacrée pour les malgaches, surtout devant une foule, et que celui qui doit s’y coller doit s’être initié pour le faire.

Le Mpikabary, devient l'animateur durant les spectacles de Vakodrazana.
Le mot "kabary" vient de l'arabe "kabar" qui signifie "nouvelles". Cependant, le kabary malgache est bien plus qu'une simple communication d'informations. C'est un art oratoire élaboré, qui requiert une maîtrise parfaite de la langue, de la rhétorique et de la culture malgache. Reconnu par l'UNESCO comme patrimoine culturel immatériel de l'humanité, le kabary est profondément ancré dans la société malgache et joue un rôle essentiel dans la vie sociale, politique et culturelle.
L’Art de l'éloquence
Le Kabary met l'accent sur la beauté de la langue malgache, l'utilisation de figures de style, de proverbes (ohabolana) et d'expressions imagées pour captiver l'auditoire et transmettre un message de manière persuasive et mémorable. Le mpikabary peut utiliser des vers qui riment, de l’humour ou des messages qui piquent un peu, le tout pour bien capter son public et l’amener où il le souhaite.
Les Ohabolana
Les Ohabolana sont des proverbes et des paroles de sages. Ils tiennent également une place très importante dans la culture malgache. Rappelons que traditionnellement, les malgaches vouent un culte à leurs ancêtres. Les Ohabolana sont les mémoires qui perpétuent la sagesse de ces derniers. Le Mpikabary font appel aux ohabolana afin de rendre le discours plus percutant et culturellement pertinent. La maîtrise et l'utilisation appropriée de ces derniers sont un signe de l'éloquence et de la sagesse de l'orateur.
Un style oratoire qui varie selon le contexte et selon l’audience
Le langage utilisé dans le kabary est riche en métaphores, en proverbes et en allusions historiques. Le ton peut varier en fonction du contexte, allant du solennel et respectueux au plus léger et humoristique. L'orateur utilise souvent des gestes mesurés et un débit de parole rythmé pour maintenir l'attention de l'audience. D’ailleurs, il s’adapte à ce dernier et peut changer de style en cours de route. Pour se faire, il se fonde sur différents éléments : les applaudissements, les rires, les silences, l’attention… Le kabary est toujours pratiqué à Madagascar, bien que son importance ait quelque peu diminué avec la modernisation de la société. Cependant, de nombreuses initiatives sont mises en œuvre pour préserver cet art oratoire et le transmettre aux jeunes générations.
Le fangataham-bady
Parmi les plus spectaculaires kabary, on retrouve celui du fangataham-bady, où la cérémonie solennelle où le prétendant (accompagné ou non de toute sa famille) vient demander la main d’une jeune fille auprès de la famille de cette dernière. En effet, avant l’influence des autres cultures et des autres religions, le fangataham-bady se faisait tout simplement ainsi, et le kabary façonnait chaque prise de parole.
Mais le kabary du fangataham-bady est surtout spectaculaire lorsque les deux parties manient très bien leurs arts, et lorsque la demande n’est pas acceptée tout de suite, ou tout simplement pas. En effet, cela reste une éventualité, puisqu’il est tout à fait possible que la future mariée n’ait jamais rencontré le prétendant, autant que leurs familles respectives. Dans certains cas, les négociations, à coup de kabary, peuvent durer des heures voire des jours.







